Historique

La Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) a été créée le 20 juillet 1990 en pleine dictature militaire où l’expression politique, syndicale et citoyenne étaient confisquées par le parti unique, le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT), et ses organisations satellites qui opprimaient le peuple togolais obligé de sacrifier à son corps défendant au culte de la personnalité à travers ce qui s’appelait, dans le jargon politique de l’époque, l’animation politique. L’animation politique, pratique détestable et véritable abêtissoir qui s’était insinuée, dans le contexte politique de l’époque caractérisé par l’inculture, le mensonge, la corruption, les marches de soutien forcées, la peur, la terreur et les discriminations en tous genres, en principale matière enseignée dans les écoles à la grande honte des Togolais qui assistaient impuissants à leur abêtissement. Même les fonctionnaires devaient abandonner leur poste de travail pour aller chanter et danser à la gloire du Timonier national.

 

Face à l’embrigadement et à l’arbitraire, les togolais ruminaient leur mécontentement et leur humiliation tout en refusant la voie de la résignation. Certains choisirent la révolte et les armes, d’autres les tracts anonymes. Mais ceux dont l’action allait avoir le plus d’impact sur l’emprise du pouvoir militaire illégitime et haï, étaient tous ceux qui avaient compris que la révolution démocratique devait se préparer sur le terrain à visage découvert et j’ajouterais – mais cela ne suffisait pas : il avait besoin d’être éduqué politiquement. Toute prise de conscience politique passe d’abord par la connaissance de ses droits, surtout lorsqu’ils sont bafoués. La création de la LTDH est l’aboutissement d’un faisceau d’actions menées par certains acteurs qui ont pris sur eux de rompre avec l’autocensure, la peur et d’assumer pleinement, malgré tous les risques, leur citoyenneté par la prise de parole publique et les débats intellectuels.

La Ligue Togolaise des Droits de l’Homme n’est pas tombée du ciel ; c’est pourquoi il s’avère utile pour tous ceux qui n’ont pas vécu ou suivi les évènements de connaître l’un des cheminements parmi d’autres à l’origine de sa création.

Témoigner pour moi consiste à partager mon expérience de la lutte pour l’histoire. Tous les combattants du changement devraient s’essayer à cet exercice comme un devoir pour le présent et l’avenir.

A l’Université du Bénin, actuelle Université de Lomé, une convergence d’idées s’était imposée entre certains enseignants-chercheurs, véritables activistes de la liberté, qui déboucha sur la création de la revue Propos Scientifiques en décembre 1985. L’équipe d’animation de cette revue atypique et contestataire ne se contenta pas de remplir la revue d’articles venant de tous les horizons en offrant une tribune à tous ceux qui désiraient s’exprimer même en dehors du monde universitaire. Elle exporta le débat de l’université vers la ville pour briser le ghetto du savoir qu’était l’université. Les conférences publiques suivies de débats étaient plus qu’hebdomadaires, quasi quotidiennes. Aucune ne se déroulait sans que la démocratie et les droits de l’Homme ne soient évoqués. Les étudiants, au départ intimidés par le mandarinat académique rétrograde et castrateur de certains enseignants fascistes, se transformèrent en conférenciers avec bonheur et enthousiasme au grand étonnement d’un public extra-universitaire connaisseur et ravi. Confrontés à un langage nouveau qui privilégiait l’analyse et la vérité au détriment des slogans et de la langue de bois d’un régime qui substituait le verbe à l’action en guise de politique, un public important adhéra à l’action Propos Scientifiques, c’est-à-dire aux activités intellectuelles multiformes visant à libérer la parole. L’action Propos Scientifiques était en réalité, en pleine dictature fasciste, une campagne de libération de la parole dont la devise était : « Battre la campagne pour chasser les mythes ».

Entre-temps, conformément à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, fut créée la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) qui suscita la méfiance de tous les Togolais qui virent dans cette institution un gadget mystificateur visant à masquer les violations massives et répétées des droits humains dont le Togo était coutumier. Le premier président de cette institution qui participait à notre campagne de libération de la parole, ne s’appuya pas sur des fonctionnaires frileux et carriéristes pour promouvoir la CNDH, mais pour une bonne part sur les animateurs de l’action Propos Scientifiques et sur le barreau.

La revue que publia la CNDH fut animée pour l’essentiel par une partie de l’équipe de Propos Scientifiques. Il me souvient, en 1991, que, à la sortie d’un numéro explosif qui connut un retirage parce qu’il fut arraché par le public, le pouvoir y vit comme une menace et menaça a à son tour le Président de la CNDH qui me téléphona pour vérifier si j’étais toujours en liberté, car l’alerte avait été chaude.

Dans son travail de promotion des droits de l’Homme, la CNDH qui ne fut crédible que de 1987 à 1993, sous le mandat de ses deux premiers Présidents, invita au Togo le fondateur d’Amnesty International en 1989 ou début 1990 à s’entretenir avec le public à l’Institut Goethe de Lomé. L’avocat britannique présenta son organisation et son action dans le monde. D’anciens prisonniers Togolais victimes de l’arbitraire témoignèrent et déclarèrent avec beaucoup d’émotion qu’ils devaient leur libération et leur vie à Amnesty International après avoir subi d’effroyables tortures dans les geôles de la dictature. Après cette rencontre qui marqua les consciences, je pris sur moi de créer la section togolaise d’Amnesty International mais je devais y renoncer après mûre réflexion à cause de la clause qui interdisait à une section locale de se consacrer principalement à la défense des droits de l’Homme dans son pays. Les sections nationales se consacraient aux cas des pays étrangers pour plus d’impartialité.

C’est la convergence des actions universitaires et des avocats qui déboucha, le 20 juillet 1990, sur la rencontre du restaurant « la Pirogue » situé sur le boulevard circulaire non loin de la plage.

18 heures était l’heure du rendez-vous. A 17 heures 30, j’étais déjà devant « La Pirogue » parmi les premiers. De petits groupes se formèrent sur le trottoir et toutes les conversations avaient pour unique sujet la fin du régime dictatorial pour que s’ouvrent de nouvelles perspectives pour les générations dites sacrifiées.

Ce jour-là, ce ne fut pas une poignée de téméraires qui se réunirent puisque la salle de réunion était pleine. Combien étions-nous ? Une quarantaine ? Une cinquantaine ? Et dire que certaines personnes, paniquées au dernier moment, prirent leurs jambes à leur cou pour s’éloigner le plus loin possible du lieu de réunion. Les espions du régime policier rôdaient dans le coin et tentaient sans doute d’identifier les personnes présentes. Au cours des préliminaires, le consensus se dégagea pour la création d’une organisation privée des droits de l’Homme à côté de la CNDH, une institution étatique, qui pouvait à tout moment être mise au pas et servir de faire-valoir à la dictature militaire comme c’est le cas depuis 1993.

Les débats furent très animés et le ton montait de temps en temps au cours des travaux concernant les statuts et le règlement intérieur. L’obsession des personnes les plus politiquement conscientes était l’indépendance de la nouvelle organisation dans un contexte antidémocratique. Il ne s’agissait pas d’exister mais de pratiquer une démocratie interne qui obligeait le bureau exécutif à convoquer une assemblée générale annuelle pour rendre des comptes et donner la parole aux militants. Dans la même optique, le mandat du Président était frappé d’une clause limitative : un mandat de trois ans renouvelable une fois. Dans le paysage politique africain des Président à vie, cette clause était indispensable pour annihiler les velléités des apprentis dictateurs.

Par ailleurs, par mesure de prudence, face au pouvoir corrupteur redoutable du régime RPT, il était accordé un délai de rois mois au bureau exécutif pour se prononcer sur l’adhésion des nouveaux membres afin de disposer d’assez de temps pour faire des enquêtes. Toutes ces précautions étaient motivées par la peur d’être infiltrés par les taupes à la solde du régime qui une fois majoritaires dans l’association en prendraient le pouvoir pour la détruire ou pour en faire une organisation satellite du RPT. Beaucoup d’organisations qui se sont créées après la LTDH et qui n’avaient pas pris cette précaution ont dû se saborder à cause du travail de sape des taupes en mission commandée.

 

Lorsque ce fut le moment d’élire le Bureau Exécutif qui allait conduire la LTDH pour un mandat de trois ans, les candidatures furent nombreuses. Ne connaissant pas la majorité des personnes présentes, je m’abstins de présenter ma candidature à quelque poste que ce soit, préférant laisser jouer le jeu des affinités afin de faciliter la cohésion au sein de l’organe dirigeant. J’étais confiant, car pour oser devenir un dirigeant d’une association rebelle au regard du monopole politique proclamé et institutionnalisé du parti unique, il fallait être courageux et très déterminé pour affronter les risques de cette violation du monopole politique et de la pensée unique comme la prison ou l’assassinat.

Ainsi la LTDH avait montré la voie en devenant la toute première organisation privée indépendante sous le règne du parti unique. En défiant le régime illégitime, les fondateurs de la LTDH faisaient comprendre au peuple togolais qu’il pouvait être l’acteur du changement souhaité pour peu qu’il en ait le courage et la détermination.

Bien entendu le gouvernement refusa de reconnaître la LTDH, en totale violation de la loi, laquelle n’obtint son récépissé de reconnaissance qu’en 2005, soit quinze ans après la création !

Cette organisation de la société civile était devenue la bête noire de la dictature. Les Togolais ne s’y trompèrent pas qui par leur adhésion massive en firent l’organisation phare du changement démocratique en l’absence de partis politiques. C’est l’adhésion massive et l’énorme courant de sympathie qui empêcha le régime policier de broyer la Ligue. En effet, les émeutes du 05 octobre 1990 était passées par là et rendaient le pouvoir extrêmement prudent. La première action d’éclat de la LTDH fut la défense de toutes les victimes des évènements du 05 octobre 1990. La médiatisation nationale et internationale de son action humanitaire assit sa crédibilité et sa popularité. Le peuple Togolais savait qu’il pouvait compter sur la LTDH. Je me souviens qu’à l’époque, certains militants utilisaient leur carte de membre comme une carte d’identité officieuse ou pour prouver avec fierté à leurs interlocuteurs leur militantisme au service du changement. Etre membre de la LTDH était un motif de fierté. Les imposteurs ne furent pas les derniers à en profiter, hélas ! Etre défenseur des droits humains dans un Etat liberticide relève du sacerdoce, voire du sacrifice. C’est ce qu’allaient découvrir au cours des vingt dernières années les dirigeants et les militants actifs de la LTDH.

La vocation des organisations des droits Humains consiste à sauver des vies des mains des bourreaux. Cette vocation au Togo vous expose aux pries dangers. La violence, l’exil, la prison et les menaces de mort ou la mort tout simplement.

Le rôle de locomotive de la société civile qu’envient beaucoup d’associations à la LTDH est indéniable. Entre le 20 juillet 1990 et le 30 avril 1991, les associations, à leur corps défendant ont dû assumer un leadership politique pour se substituer à l’absence de partis politiques pendant le monopole du RPT. L’union faisant la force, les associations démocratiques se sont regroupées pour créer le Front des Associations pour le Renouveau (FAR) afin d’exiger du régime autocratique la démocratie et le multipartisme.

La FAR fut porté par un soutien et un enthousiasme populaires sans précédent. Contrairement au 05 octobre 1990 qui fut une révolte populaire sans leadership, les émeutes de mars et avril 1991 qui embrasèrent toute la ville de Lomé pour exiger le changement de régime, virent le FAR prendre la direction des choses et devenir l’interlocuteur du pouvoir au nom du peuple. Après les grèves lancées par le FAR et massivement suivies dans tout le pays, le pouvoir fut obligé de céder et de proclamer le multipartisme. La Charte des partis politiques du 30 avril 1991 autorisa la création des partis politiques qui allaient prendre la lutte pour la conquête du pouvoir à leur compte.

Une fois que les partis politiques ont vu le jour, a aussi commencé la zizanie, le dénigrement et la haine au moment où il était question de la Conférence Nationale Souveraine et non plus du Forum National de Dialogue proposé par le FAR qui s’était sabordé entre-temps dans la logique du multipartisme pour laisser la place aux partis politiques comme interlocuteurs du pouvoir. C’est dans la logique d’un front des forces démocratiques face au pouvoir que je lançai au cours d’une Assemblée Générale de la LTDH à l’hôtel Sarakawa, en mai ou juin 1991, l’idée du Collectif de l’Opposition Démocratique. Cette idée fut acceptée et mise en pratique en associant les partis, les syndicats et les associations. La Conférence Nationale Souveraine eut lieu et le Président de la LTDH fut nommé Premier Ministre de la transition démocratique.

Eu égard à l’influence de la LTDH auprès de la population, le pouvoir militaire la prit dans son collimateur pour la détruire.

Les deux premiers bureaux exécutifs élus allaient en faire l’amère expérience. J’étais Conseiller dans le deuxième Bureau Exécutif élu en 1992 au Palais des Congrès de Lomé. Suite aux menaces de mort, aux agressions, aux intimidations en tous genres et aux activités inlassables et impunis des escadrons de la mort voués à la défense d’un régime criminel, ces deux premiers bureaux exécutifs ont été amputés avant la fin de leur mandat du tiers, voire de la moitié de leurs membres obligés de se cacher, de s’exiler ou d’abandonner la lutte.

J’eus le triste privilège avec d’autres dirigeants de la LTDH de voir mon nom figurer sur les « listes rouges » et les « listes noires » des démocrates condamnés à mort par les activistes assassins défenseurs de la dictature et de l’arriération du pays. En 1992, je fus presque lynché à mort par des militaires déguisés en civil et des drogués à l’entrée Sud du campus de Lomé à Adéwi. Notre Trésorier Général fut jeté dans les geôles sinistres de la gendarmerie pour avoir conduit des défenseurs des droits de l’Homme et des journalistes sur le lieu où avait été lâchement abattu le jeune garde du corps d’un leader de l’opposition. Tous les dossiers chauds tels que les morts de la lagune de Bè, le guet-apens de Soudou, les assassinats de Tavio Amorin, du député du parti Comité d’Action pour le Renouveau, Gaston Aziaduvo Edeh, de la place Jardin Fréau, du quartier Bè, d’Agbandi et Diguina, les affrontements sanglants de Sotouboua, la prise en otage des membres du Haut Conseil de la République par l’armée, l’assaut de l’armée contre la primature et le coup d’Etat qui s’en est suivi, le millier de morts provoqué par le coup d’Etat et l’élection présidentielle sanglante de 2005, les tortures infligées au Colonel Narcisse Yoma Djoua au camps Landja de Kara, etc., ont tous  été des occasions de graves menaces à l’encontre des dirigeants de La LTDH. Au cours de ces violences perpétrées par les ennemis du peuple togolais, les dirigeants de l’organisation furent encerclés au siège à deux reprises par l’armée. Comme si cela ne suffisait pas, un ministre envoya de miliciens armés du RPT nous prendre en otage au cours d’une conférence de presse à notre siège, le 13 juin 2005, à l’occasion de la publication de la liste provisoire des morts de la répression sauvage des putschistes de 2005. L’un des preneurs d’otage sera même récompensé par un important poste ministériel.

C’est-à-dire que la défense des droits humains est une activité dangereuse au Togo. Comme j’ai l’habitude de le dire, si la LTDH n’existait pas, il faudrait la recréer. Paradoxalement, le pouvoir qui combat la LTDH a aussi besoin de la LTDH. Au niveau de la conditionnalité des aides de la coopération internationale, les droits de l’Homme sont souvent ciblés ; or pour la crédibilité de son action dans ce sens, le pouvoir a toujours eu besoin du crédit de la LTDH pour la crédibilité de ses actes vis-à-vis des bailleurs de fonds qui recourent presque toujours à l’expertise de la Ligue qu’il n’a pas reconnue quinze années durant tout en la citant comme caution dans ses rapports.

Les droits de l’Homme, nous ne le répéterons jamais assez, ne sont contre personne, mais pour tout le monde. Tous ceux, civils et militaires, qui les ont foulés aux pieds pendant qu’ils étaient au pouvoir et qui ont connu une chute douloureuse, ne me contrediront pas qui ont eu recours aux services de la LTDH – même ceux qui nous ont menacés de mort et des pires châtiments – pour les sortir de situations très difficiles.

A travers les droits de l’Homme, ses défenseurs veulent bonifier la civilisation, l’humanisme. Si l’Afrique est devenue un continent inhospitalier pour ses propres fils et filles qui la fuient pour des continents supposés plus humains pour l’être humain au point de transformer la Méditerranée en cimetière marin de fugitifs africains, cela doit nous interpeller tous à commencer par nos responsables politiques. Les Etats sont-ils bâtis contre l’Homme ou pour faire vivre décemment sa famille et subvenir à ses propres besoins. La paix, c’est l’université. La paix, c’est la possibilité pour tous les jeunes et les adultes d’avoir accès à l’école, à l’apprentissage et à l’université. La paix, c’est la possibilité de se soigner en cas de maladies dans des hôpitaux bien équipés et pourvus de médicaments. La paix ne consiste pas à laisser mourir la population faute soins pendant que les dirigeants vont se faire soigner à l’étranger avec l’argent des contribuables ; c’est un vrai scandale ! Nombreux sont les Chefs d’Etat Africains qui vont mourir dans des hôpitaux hors du contient quand d’autres ne meurent pas dans l’avion présidentielle en route pour le salut à l’étranger ; c’est une véritable honte. La paix, c’est le respect du choix des électeurs dans les urnes. La paix, c’est le respect de la vie et de la liberté d’autrui. La paix, c’est aussi le partage équitable des ressources du pays. C’est tout cela que nous appelons la paix. Ce sont les droits politiques, économiques, sociaux et culturels. Cet ensemble de droits constitue les droits de l’Homme.

 

 

 

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Tous ceux qui se battent pour rendre le monde plus humains en civilisant davantage la politique et les relations humaines sont les promoteurs d’une culture de la vie qui s’oppose à une culture de la mort. Les droits de l’Homme sont un indéniable progrès de la civilisation sur les pulsions barbares dès lors que la vie humaine a été élevée au rang de la valeur la plus sacrée. Défendre la vie, c’est défendre l’Homme et les valeurs d’émancipation qui fondent la liberté, la justice, la tolérance et la vérité.

La vie contient la mort, mais la mort est source de vie comme le grain qui germe sur le fumier. La vie de la LTDH est dans la volonté de ses membres de la faire vivre coûte que coûte. La mort de la LTDH peut aussi être l’œuvre de ses propres militants qui refusent de cotiser, qui n’ont jamais cotisé en vingt ans de présence dans la LTDH. Même des dirigeants sont dans cette situation déshonorante. L’éducation à la citoyenneté reste à faire même au niveau de l’élite intellectuelle de notre pays. C’est triste mais prenons acte. Les ennemis de la LTDH misent sur son asphyxie financière pour prononcer son oraison funèbre. La mort de la LTDH peut aussi venir des ambitions politiques qui peuvent pousser certains de ses dirigeants à la privatisation de l’association au service de leurs ambitions politiques. Et encore s’il s’agissait de véritable ambition politique, on pourrait en discuter, mais au Togo, l’ambition politique signifie de s’enrichir frauduleusement en toute impunité sur le dos du peuple.

L’engagement politique, au sens large, qui englobe l’action politique, l’action syndicale et l’action citoyenne, doit être guidée par la porale, l’altruisme, l’amour, le patriotisme et l’intérêt général.

Par Ayayi Togoata APEDO-AMAH

Membre fondateur, ancien Conseiller, ancien, Secrétaire Général de la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme