I- RELATION AVEC LES INSTITUTIONS, LES O.I ET LES O.N.G

La relation entre la LTDH d’une part et l’Etat et ses démembrements et Institutions d’autre part, ont été essentiellement marquées par une collaboration assez fructueuse caractérisée par des contacts réguliers, des transmissions ou échanges de correspondances, des rencontres ou séances de travail, des invitations et participations à des ateliers ou séminaires etc…

Cette collaboration a eu le mérite de permettre des solutions provisoires ou définitives à certains cas de violations des droits de l’Homme à travers l’intervention, soit des membres du gouvernement, soit des représentants du pouvoir central dans les préfectures ou encore par toute autorité politique ou administrative dont l’intervention pouvait contribuer à arrêter ou à faire arrêter une quelconque violation des droits humains et des libertés fondamentales.

Mais, rappelons que dans le cadre de notre passage dans le collectif sauvons le Togo et ceci malgré notre  contribution dans la conservation d’un climat de paix et à la pose de quelques jalons d’une démocratie, certains acteurs étatiques continuent de nous considérer comme étant une organisation proche de l’opposition. Le comble, fut son passage dans le collectif sauvons le Togo où le Ministre de l’Administration Territoriale d’alors Mr Gilbert BAWARA déclarait en février 2015 publiquement  qu’il mettra tout en œuvre pour dire aux partenaires de la LTDH de mettre fin aux financements de ses activités.  Depuis lors, elle est restée sans moindre financement ni pour l’appui institutionnel ni pour ses actions de terrains. Cette attitude de l’autorité a vraiment contribué là l’affaiblissement de l’organisation. A cette date, ses actions ne sont plus proactives comme elles étaient dans les temps passé.

Il s’agit d’une relation de collaboration et de partenariat, caractérisée essentiellement par des rencontres et séances de travail, des séminaires ou ateliers de formation, des tables ronde et rencontre de discussions et de réflexion,  des actions concertées, des regroupements en synergie en vue d’œuvrer plus efficacement pour la promotion, la protection et la défense des droits humains dans notre pays.

La LTDH n’a jamais manqué de répondre favorablement à des invitations de ses collègues et pour des activités qui ont pour objectif de favoriser le respect des droits humains et des libertés fondamentales.

La ltdh a par son membre volontaire Kouessan ETIM organisé avec certains stagiaires qu’elle reçoit de l’ONG Internationale Project Abroad des stataires .

« Rendre la justice est un sacerdoce: nulle part au monde la justice des hommes n’a atteint l’idéal souhaité par les justiciables ». Cette citation semble illustrer parfaitement la réalité togolaise actuelle.

 

En effet, la prison civile civile de Lomé, datant de l’ère coloniale et qui est rattachée désormais au Ministère de la Justice, recense 1838 détenus le 17 juillet 2017. Cet effectif est considérablement bien au dessus de la capacité maximale d’accueil initiale: l’établissement pénitentiaire ayant été construit pour accueillir 666 détenus. Parmi cette surpopulation, 657 détenus sont de simples prévenus, 704 sont inculpés alors que le nombre de condamnés ne s’élève qu’à 470. Ce triste constat porte à croire que la présomption d’innocence est manquante dans la justice togolaise. L’établissement comporte 49 cellules, dans lesquelles 70 détenus sont parfois confinés. 

Ce confinement se combine à une mal nutrition, un manque d’hygiène et des problèmes de santé non traités. 

 

En 2012, le comité contre la torture préconisait déjà plusieurs recommandations: la Ligue Togolaise des droits de l’homme a donc souhaité constater si des améliorations avaient dès lors eu lieu. En effet, selon ce comité, il paraissait indispensable de veiller à ce que tous les détenus soient jugés, conformément à un délai raisonnable, pour pouvoir permettre de désengorger les établissements pénitentiaires et a fortiori, d’améliorer leurs conditions d’hygiène. L’amélioration de ces conditions appelant notamment une augmentation des fonds alloués aux établissements pénitentiaires. Soucieux de réduire la surpopulation carcérale, le comité avait également préconisé de recourir à des peines alternatives et non privatives de liberté en fonction du degré de gravité de l’infraction. Aussi, il avait préconisé la construction de nouvelles prisons et la rénovation de celles déjà existantes afin de rendre les cellules conformes aux normes internationales.

 

Du 17 au 20 juillet 2017, la LTDH a donc pris soin de visiter les locaux de la prison civile de Lomé puis de s’entretenir avec certains prévenus en attente de leur jugement depuis une dizaine d’années. En définitive, malgré quelques améliorations notables, nous avons pu constater que l’actuelle situation carcérale demeure alarmante. Nous avons en effet pu nous apercevoir que la surpopulation des établissements pénitentiaires était incompatible au respect des conditions minimums d’hygiène: les détenus sont trop nombreux pour avoir accès aux infrastructures sanitaires et cet accès est parfois soumis à une contrepartie monétaire. De même, si les détenus reçoivent quotidiennement un repas, celui ci demeure insuffisant tant d’un point de vue qualitatif que quantitatif. De telles conditions provoquent en outre de sérieuses conséquences sur la santé physique et mentale des détenus. L’environnement n’est pas sain, la violence est reine, la dignité humaine n’a plus sa place et les ressources médicales sont insuffisantes pour répondre aux besoins des détenus. Enfin, l’un des principal objectif de notre étude était celui de la réinsertion: nous sommes partis du constat selon lequel l’absence d’activité destiné à occuper les détenus empêchait inévitablement le processus de réinsertion. Si la thématique du détenu utile est en vogue et constitue de nos jours l’enjeu fondamental de la réinsertion (II), il sied de préciser que sa réalisation est intimement liée au contexte du quotidien du détenu (I)

Ces relations de partenariat permettent à la LTDH d’avoir une ouverture et un champ d’action sur le plan international. Il s’agit donc des relations de partenariat qui offrent à la LTDH, l’occasion de partager ses expériences avec des institutions et Organisations ayant une obédience plus étendue et œuvrant pour le respect des droits humains en Afrique et dans le monde.

 

La LTDH qui était déjà membre de la fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH), de l’Union Interafricaine des Droits de l’Homme (UIDH), et de la Commission Internationale des Juriste (CIJ), vient d’acquérir au cours de l’année 2011, le Statut d’observateur auprès de la Commission Africaine des Droits de L’Homme et des peuples (CADHP).